Etude de Cas: L’éducation au développement durable et au changement climatique
L’impact d’un programme de justice climatique et de durabilité environnementale dans 20 écoles de la région sud-est du Sénégal
Introduction
Le Programme Justice Climatique et Durabilité Environnementale met l’accent sur la justice climatique, l’action climatique menée par les jeunes, la durabilité environnementale, et aborde les conséquences multiples de la dégradation de l’environnement. Ashoka a lancé un programme de dix-huit mois visant à mobiliser un réseau de jeunes ainsi que des acteurs du secteur éducatif. Le projet s’appuie sur les savoirs communautaires pour favoriser la participation aux processus de prise de décision, renforcer les compétences en leadership et en communication, et permettre aux jeunes de jouer un rôle actif dans la protection de l’environnement en Afrique de l’Ouest. Il s'agit d’un programme scolaire pour les jeunes porteurs de changement en faveur de l’environnement.
En collaboration avec la Fondation Ford et le Ministère de l’Éducation nationale, Ashoka a lancé ce Programme Justice Climatique et Durabilité Environnementale. La première phase de l’initiative vise à renforcer les capacités des acteurs éducatifs et à établir un réseau de porteurs de changement dans le domaine environnemental. Dans cette phase, vingt établissements scolaires ont été sélectionnés, notamment : le Lycée de Diouloulou, le Lycée de Niaguiss, le Lycée de Kénia, le Lycée de Djinabo, le Lycée de Thionck Essyl, le CEM de Mpack, le CEM d’Elinkine, le CEM de Boucotte Sud, le CEM de Kénia, le CEM de Boutoute, le CEM Commune 1 de Tamba, le CEM de Goumbayel, le Lycée Bloc Village, le Lycée Balla Moussa Daffé, le Lycée Ibou Diallo, le CEM Amadou Mapathé Diagne, le CEM de Faoune, le CEM de Djinany, le CEM de Koussy, et le CEM de Diende.
L’objectif du projet est d’identifier, de mobiliser, de renforcer et de soutenir les jeunes afin qu’ils deviennent des porteurs de changement pour l’action climatique, la justice climatique et la durabilité environnementale dans leurs communautés.
Contexte du programme : Justice climatique et durabilité environnementale
Ce projet est mis en œuvre en Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria et, en particulier, au Sénégal. Selon la Constitution sénégalaise de 2016, les ressources naturelles du pays appartiennent au peuple. Si elles sont bien gérées, ces ressources ont le potentiel de transformer l’économie. Malheureusement, les richesses générées par l’exploitation des ressources naturelles ne profitent pas à la population sénégalaise. Un rapport de 2014 de l’Inspection générale d’État (IGE) du Sénégal a révélé qu’en 15 ans, l’État n’avait perçu que moins d’un milliard de francs CFA en recettes fiscales issues de l’extraction des ressources. Des données plus récentes montrent qu’en 2020, les activités extractives représentaient moins de 6 % des recettes de l’État. En outre, ces activités ont un impact environnemental négatif : en 2021, 8,7 millions des 13,6 millions de tonnes d’émissions de CO₂ enregistrées provenaient du secteur pétrolier.
Surmonter ces défis nécessite un mouvement capable d’apporter des solutions à des problèmes systémiques et transversaux — gestion des ressources naturelles, changement climatique, justice climatique, durabilité économique, éducation, santé et engagement civique. Le Programme Justice climatique et durabilité environnementale s’inscrit dans l’initiative Jeunesse et Éducation d’Ashoka. Fort de son travail avec des entrepreneurs sociaux, Ashoka a redéfini sa vision : chacun peut être un acteur du changement. Nous croyons que pour répondre aux inégalités liées à la justice climatique et environnementale, il est essentiel de favoriser le changement systémique, afin que les solutions se multiplient plus rapidement que les problèmes, et que les citoyens soient en capacité d’agir.
À travers ce programme, Ashoka Young Changemakers incarne cette vision et permet aux écoles et aux enseignants de faire partie de la solution.
Problématique
L’Afrique fait face à un défi environnemental majeur, malgré des ressources naturelles abondantes qui pourraient en faire un leader de l’économie verte mondiale. Les effets du changement climatique dans la région sont encore peu reconnus, car une grande partie des Africains ignore les conséquences néfastes de la pollution, de la déforestation et de la dégradation de l’environnement. Il convient également de souligner qu’au moins 70 % de la population dépend des cours d’eau, des forêts riches et des zones boisées pour sa subsistance. Pourtant, ces ressources sont exploitées de manière non durable et souvent soumises à des activités illégales telles que l’exploitation minière, la coupe de bois et la pêche non réglementées. Cela entraîne une perte continue des ressources naturelles et une dégradation de l’environnement.
Les défis environnementaux en Afrique ont des conséquences particulièrement graves pour les communautés marginalisées et vulnérables, en raison d’un manque persistant d’infrastructures et d’activités industrielles motivées par des intérêts privés, qui nuisent directement à l’environnement. Les problématiques environnementales sont au cœur de l’éducation et du développement des jeunes. En mettant l’accent sur l’adaptation et l’atténuation, les pertes et préjudices, la réparation et la justice climatique, il devient urgent d’intégrer — voire de repenser — l’éducation environnementale afin de favoriser l’acquisition de compétences et d’attitudes qui soutiennent la transition écologique, la résilience et la préservation de la biodiversité.
L’éducation, la formation et la sensibilisation jouent un rôle clé dans la préparation des individus à des carrières compatibles avec un développement sobre en carbone et résilient face au climat. Pourtant, il est largement reconnu que le potentiel de l’éducation en tant que levier de changement reste largement sous-exploité dans de nombreux pays.
C’est sur cette base que, pour évaluer l’impact du Programme Justice Climatique et Durabilité Environnementale dans les 20 écoles de la zone sud-est du Sénégal, nous avançons deux hypothèses initiales :
Méthodologie et approche
Après avoir identifié les écoles, un comité de sélection a été mis en place. Il était composé d’un Fellow Ashoka, d’un inspecteur d’académie et de deux organisations partenaires — l’une dans le domaine de l’éducation et l’autre dans le secteur de l’environnement — afin de choisir les établissements qui participeraient au programme. Sur une quarantaine d’écoles, 20 ont été sélectionnées selon des critères tels que l’innovation, l’apprentissage, la vision éducative et environnementale de l’école, ainsi que l’influence de l’établissement dans sa communauté.
Le 15 novembre 2023, nous avons officiellement lancé le programme dans les bureaux d’Ashoka Sahel, en présence de l’Inspecteur d’Académie de Dakar, de représentants du Ministère de l’Éducation, des partenaires stratégiques d’Ashoka et d’innovateurs sociaux. Ce lancement a permis de présenter le programme — ses objectifs, la justification du choix de la zone d’implantation, les impacts attendus sur les communautés, ainsi que les grandes étapes du programme.
Cette présentation a été suivie d’un panel d’experts composé de l’Inspecteur d’Académie de Dakar, du Directeur de JVE (Jeunes Volontaires pour l’Environnement), et du Directeur régional d’Ashoka Sahel. Nous avons clôturé la cérémonie de lancement par une conférence de presse et une session de réseautage.
Les 25 et 26 novembre 2024, nous avons organisé un atelier sur la justice climatique et la durabilité environnementale. Les sessions de renforcement de capacités se sont déroulées dans deux régions du sud du Sénégal. Le 25 novembre, à Ziguinchor, le premier groupe d’écoles sélectionnées a été formé sur trois thématiques clés : EACH (Everyone a Changemaker – Chacun.e un.e acteur.rice de changement), le Changemaking et la Justice Climatique.
Lors de cette première journée de l’atelier, 12 écoles ont participé, chacune représentée par 3 enseignant.e.s, 3 élèves et un membre de la direction de l’établissement. Au total, 36 enseignant.e.s, 36 élèves et 12 chef.fe.s d’établissement – soit 84 acteurs et actrices du secteur éducatif des collèges et lycées – ont pris part à cette première session.
La première session était centrée sur le concept EACH
(Everyone a Changemaker – Chacun.e un.e acteur.rice de changement), mettant en lumière le travail d’Ashoka et sa vision d’un monde où chaque individu est un.e acteur.rice de changement, doté.e des compétences nécessaires pour créer un impact positif dans sa communauté, pour le bien commun.
Ensuite, les participant.e.s ont été réparti.e.s en sessions parallèles, séparant les enseignant.e.s et les élèves en deux groupes. Les élèves ont travaillé avec Chérif Ndiaye, Fellow Ashoka, expert des questions éducatives et fondateur de Écoles au Sénégal. Il les a formé.e.s aux compétences du 21e siècle — en particulier, les compétences clés que les jeunes doivent développer pour devenir des acteur.rice.s du changement en matière d’environnement. Cette session approfondie était axée sur les deux premiers piliers d’Ashoka : garantir que chaque enfant maîtrise l’empathie et que chaque jeune devienne un.e acteur.rice de changement.
Pendant que les élèves étaient avec Chérif, les enseignant.e.s et les responsables d’établissement ont travaillé avec Karima Grant, également Fellow Ashoka, spécialiste de l’apprentissage par le jeu et fondatrice d’ImagiNation Africa. Elle a formé les éducateurs.trices aux compétences essentielles à acquérir pour s’épanouir dans l’éducation du 21e siècle.
La troisième et dernière session a réuni tous les participant.e.s pour une discussion sur la justice climatique et la durabilité environnementale. L’objectif de cette session était de sensibiliser les participant.e.s aux enjeux climatiques et environnementaux, de les aider à en comprendre les causes et les conséquences et, surtout, de les encourager à proposer des solutions sous forme de projets scolaires.
Le 26 novembre, les sessions ont suivi le même format que la veille et se sont déroulées à Sédhiou, une autre région du sud du Sénégal. Cette fois, 8 établissements scolaires ont participé, chacun représenté par 3 enseignant.e.s, 3 élèves et un.e responsable d’établissement — soit un total de 24 enseignant.e.s, 24 élèves et 8 chef.fe.s d’établissement, pour un total de 56 acteur.rice.s du monde éducatif.
Le 27 novembre, de retour à Ziguinchor, l’équipe d’Ashoka a tenu une série de rencontres avec des parties prenantes clés, notamment le Gouverneur de la région de Ziguinchor, l’Inspecteur d’académie de Ziguinchor, ainsi que sept organisations actives dans l’écosystème environnemental et climatique. L’objectif de ces rencontres était de présenter le cadre du programme et de discuter d’une collaboration avec ces acteurs clés de l’écosystème pour la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du programme.
Enquête scolaire – Programme Justice Climatique
Afin d’évaluer l'impact du programme de Justice Climatique et de Durabilité Environnementale au sein des écoles participantes, nous avons élaboré un questionnaire pour recueillir des informations sur le nombre de personnes impactées par cette initiative dans les écoles bénéficiaires. Les données collectées permettent d’estimer le nombre d’élèves formés au changemaking, à la philosophie EACH (Chacun est un Changemaker), ainsi qu'à la justice climatique et à la durabilité environnementale.
Name and surname of the school administrator | Name of the school | Number of classrooms | Number of students | Number of girls | Number of boys | Number of male teachers | Number of female teachers |
Djouna DIATTA | Thionck -Essyl High school | 16 | 520 | 264 | 256 | 29 | 29 |
Madiou DIALLO | DJINANY Junior High school | 10 Salles dont 1 labo et 1 salle informatique | 453 | 239 filles | 214 garçons | 10 | 00 |
SALIMATA COLY | TAMBA COMMUNE1 Junior High school | 17 | 1146 | 637 | 509 | 24 | 9 |
Omar BADJI | GOUMBAYEL Junior High school | 07 | 195 | 72 | 123 | 08 | 00 |
FRANCOIS POUSSY | BOUCOTTE SUD Junior High school | 24 | 1939 | 1081 | 858 | 32 | 10 |
Djibril Badji | Balla Moussa D'affection High school of Sédhiou | 22 | 771 | 335 | 436 | 33 | 6 |
FATOU DIATTA | MPACK Junior High school | 10 | 360 | 154 | 206 | 10 | 2 |
ALIOUNE BA | BLOC VILLAGE High school | 14 | 684 | 351 | 333 | 21 | 4 |
Mbemba SAGNA | Djignabo Bassène High school of Ziguinchor | 66 | 3300 | 1760 | 1540 | 130 | 34 |
Mame Amadou Yatma kholle | Faoune Junior High school | 10 | 494 | 244 | 250 | 11 | 3 |
Bienvenu SENGHOR | ELINKINE Junior High school | 07 | 296 | 154 | 142 | 11 | 01 |
Urbain DIEDHIOU | KENIA Junior High school of Ziguinchor | 23 | 1695 | 968 | 731 | 33 | 09 |
Mamadou | MANE | 33 | 901 | 531 | 370 | 44 | 3 |
Léopold SAGNA | DIOULOULOU High school ZIGUINCHOR | 16 | 1007 | 475 | 532 | 25 | 06 |
Édith Manga | Diendé Junior High school | 10 | 375 | 185 | 190 | 11 | 4 |
Questionnaire d’Enquête
Les données collectées proviennent également des ateliers de deux jours organisés à Ziguinchor et à Sédhiou. Après les sessions de renforcement de capacités, les 60 élèves et 60 enseignants, appuyés par leurs ambassadeurs (organisations locales actives dans les domaines de l’environnement, du climat et de l’éducation), ont commencé à organiser des campagnes de sensibilisation sur les problèmes liés au changement climatique, en proposant des solutions durables à mettre en œuvre dans leurs établissements respectifs.
Parmi les 20 écoles, 9 ont partagé des rapports sur les activités de sensibilisation ou d’action climatique menées localement par les élèves et les enseignants. Il s’agit notamment du CEM Diende (6 activités environnementales), de Kénia (3), de Boutoute (1), d’Elinkine (2), de Goumbayel (4), de Tamba Commune 1 (3), de Djinany (2), ainsi que des lycées de Kénia (1) et de Niaguiss (1).
Sur les 20 écoles, 12 sont accompagnées par des organisations locales dans la mise en œuvre stratégique, technique et opérationnelle de leurs projets environnementaux. Ces écoles comprennent : les lycées Djinabo Basséne, Thionck Essyl, Diouloulou, Kénia et Balla Moussa Daffé ; ainsi que les CEM de Kénia, Diende, Boucotte Sud, Amadou Mapathé Diagne, Goumbayel, Djinany et Tamba Commune 1.
Analyse des Rapports de Suivi des Activités Scolaires
En collaboration avec les acteurs du mouvement EACH (gouvernement, médias, ministère de l’Éducation, associations de parents d’élèves, écoles partenaires, organisations religieuses, éditeurs, jeunes membres d’Ashoka et innovateurs dans les domaines de l’éducation et du développement de la jeunesse), nous co-créons et mettons en œuvre le mouvement EACH. Nous élaborons des stratégies pour activer le changement chez les jeunes et les encourager à s’engager dans des projets de développement durable dans les secteurs de l’éducation et de la jeunesse.
Nous les dotons également des compétences nécessaires pour résoudre de manière créative les problèmes liés à l’éducation, construire des équipes collaboratives, fixer des objectifs tournés vers la communauté, et contribuer à transformer le monde. En tant que co-créateurs du mouvement EACH (Chacun un Acteur de Changement), les jeunes et leurs alliés adultes transforment les valeurs sociétales en plaçant l’empathie, l’innovation, l’équité et le partage du pouvoir au cœur du mouvement.
À la suite des sessions de renforcement de capacités animées par nos Fellows Ashoka et nos partenaires stratégiques (JVE, DECLIC, et le ministère de l’Éducation), les 20 écoles sont désormais encouragées à influencer positivement leurs communautés en adoptant des comportements d’acteurs de changement vis-à-vis de la nature, et en s’attaquant à des enjeux tels que l’exploitation illégale des forêts, la déforestation ou encore la gestion des déchets plastiques. Ainsi, les élèves et enseignants de ces écoles deviennent des changemakers environnementaux.
Pertinence du Programme
La Fondation Ford et Ashoka se sont associées pour lancer un programme transformateur visant à autonomiser les jeunes leaders au Nigeria et au Sénégal afin qu’ils pilotent des initiatives en matière de justice climatique et de durabilité environnementale. Cette initiative se concentre sur trois axes clés : l’activation de jeunes changemakers, la gestion des connaissances à travers des sommets et des webinaires, l’engagement en faveur de la justice climatique auprès des communautés concernées, et la promotion de l’implication communautaire.
Depuis novembre 2023, le programme a mobilisé des leaders issus des gouvernements, de la société civile, des secteurs industriels clés et des communautés locales au Nigeria et au Sénégal pour faire progresser les enjeux de justice climatique et de durabilité. Parmi les réalisations notables figurent l’implication de plus de 20 écoles et le renforcement des capacités de 60 élèves et 60 enseignants lors d’ateliers de formation. Ces derniers sont désormais à l’origine de l’activation de plus de 800 jeunes et de plus de 120 enseignants dans leurs établissements respectifs.
Par ailleurs, nous soutenons un réseau diversifié de plus de 100 changemakers, incluant de jeunes acteurs du changement, des intervenants clés du secteur environnemental, des éducateurs et des responsables publics, réunis au sein d’une communauté de pratique pour partager des solutions durables. Parmi les activités clés figurent le développement de modules de formation pour les clubs climat dans des écoles sélectionnées, la mise en place d’accords entre les ministères de l’Éducation et Ashoka, ainsi que l’organisation d’une rencontre en présentiel de la communauté de pratique. Ce rassemblement a réuni des acteurs du secteur de l’énergie, de jeunes changemakers et nos partenaires stratégiques engagés dans les domaines de l’énergie et de la durabilité environnementale.
Nos objectifs incluent :
Renforcer la capacité des jeunes à participer aux instances décisionnelles liées à la gestion des ressources naturelles ;
Renforcer les compétences en leadership des jeunes pour leur permettre de devenir des défenseurs efficaces de la protection de l’environnement ;
Renforcer la collaboration entre les jeunes et les autres acteurs de la durabilité environnementale ou de la résilience climatique au Sénégal, afin de co-créer et mettre en œuvre des solutions environnementales innovantes ;
Et accroître le soutien public aux initiatives de justice climatique et environnementale au Sénégal.
En conséquence, des réseaux de jeunes leaders engagés dans la justice climatique et environnementale se sont constitués au Sénégal, collaborant activement et partageant les bonnes pratiques. Le Programme Justice Climatique et Durabilité Environnementale a eu un impact direct sur 14 136 jeunes dans la zone sud-est du Sénégal, dont 7 450 filles et 6 686 garçons.
Durabilité du Programme
Nos objectifs sont de mettre en lumière les objectifs communs des parties prenantes, d’identifier les lacunes et défis existants, de déterminer les domaines nécessitant une attention ou des améliorations, de réaliser une cartographie des parties prenantes, et de développer une cartographie complète des intérêts, des priorités et des ressources de l’ensemble des acteurs impliqués.
Ce processus vise à faire ressortir les défis actuels et les goulets d’étranglement potentiels à venir, tels que les contraintes en ressources, les obstacles politiques, ou encore les problèmes liés à l’engagement communautaire. Pour y répondre, nous mettrons en œuvre des initiatives d’engagement communautaire destinées à sensibiliser et à impliquer activement les communautés locales dans les efforts de durabilité environnementale.
En mettant l’accent sur une participation inclusive et une analyse approfondie, nous visons à établir une base solide pour l’identification de solutions efficaces et durables face aux défis rencontrés. La prise de conscience croissante et la meilleure compréhension des enjeux liés à la justice environnementale chez les jeunes Sénégalais se traduisent par une participation accrue des écoles et des élèves aux initiatives environnementales, telles que les projets de reboisement et les activités de nettoyage des plages menées par des jeunes à travers le Sénégal.
Nom de l’établissement | Impact du programme | Nombre de personnes engagées | Axes d'amélioration | Note /5 |
CEM BOUTOUTE | Les élèves ont pris conscience de l’importance de bien entretenir leur environnement, notamment à travers la gestion des déchets scolaires. Le club environnemental a été particulièrement actif dans la protection et la restauration de la mangrove. | Plus de 50 000 | Le soutien doit être réévalué et la motivation du personnel renforcée. | 5 |
Lycée BALLA MOUSSA DAFFE | Mobilisation des élèves autour du jardin scolaire. Formation en compostage et entretien des arbres. Appui du Conseil Communal de la Jeunesse. Soutien du CGE pour l’approvisionnement en eau. | Plus de 20 | Augmenter le nombre de personnes formées. Multiplier les sessions de formation. Intégrer des activités pratiques. | 4 |
CEM GOUMBAYEL | Le programme a suscité l’enthousiasme des élèves pour la protection et la propreté de l’environnement scolaire et communautaire. | 265 élèves à l’école et environ 100 dans la communauté | Soutenir les élèves dans leurs projets scolaires, si possible. | 5 |
CEM DJINANY | Impact positif. Reboisement avec des arbres fruitiers et ornementaux, création d’un jardin scolaire, journée de sensibilisation, actions citoyennes pour l’environnement. | Plus de 400 élèves directement impliqués, une dizaine d’enseignants, plusieurs parents | Renforcer les systèmes de gestion des déchets (plastique, feuilles, papier), équipements d’irrigation, fréquence des sensibilisations. | 5 |
CEM DIENDE | Le programme a permis de prendre conscience de l’importance du reboisement. Les arbres ont bien poussé et sont bien entretenus. | 5 personnes | Le soutien matériel de partenaires pourrait faire la différence. | 3 |
Lycée NIAGUIS | Impact positif, les élèves et la communauté sont de plus en plus sensibilisés à la justice climatique et à la durabilité environnementale. | Environ 100 | Financement | 5 |
CEM KOUSSY | Impact positif, meilleure sensibilisation des élèves et de la communauté à la justice climatique et à la durabilité. | Environ 20 | Suivi difficile des webinaires à cause de la connexion instable. | 4 |
CEM TAMBA COMMUNE 1 | Meilleure compréhension des enjeux climatiques dans la communauté et de leur importance pour l’avenir. | Plus de 100 | Nécessité d’un appui matériel et d’un suivi. Aucun soutien depuis le séminaire de Ziguinchor. | 5 |
CEM KOUSSY (2ᵉ entrée) | Après notre rencontre à Sefa : jardin scolaire existant, reboisement de la cour avec UNICEF et RAP, création d’un club environnement actif. | Chaque classe parraine un arbre et en assure le suivi. Le club environnemental et le gouvernement scolaire s’occupent du jardin et de la propreté. | Attente d’actions concrètes. Si le financement du club n’est pas possible, fournir des semences et des arbres. | 2 |
CEM ELINKINE | Impact positif : prise de conscience des élèves sur la protection de la nature, sensibilisation étendue au village. | Plus de 30 élèves | Nécessite l'appui des organisations car les enjeux sont importants. | 4 |
CEM KÉNIA | Renforcement de la collaboration avec le club climat de l’Université Assane Seck et mise en œuvre de projets communs. | Au moins 150 élèves | Besoin de financement pour les établissements car chaque activité nécessite des ressources. | 4 |
Analyse
Le projet a conduit à une amélioration notable de la sensibilisation des élèves aux enjeux environnementaux. L’évaluation initiale a révélé une connaissance limitée du changement climatique et une faible participation aux actions environnementales. Toutefois, après la mise en œuvre des ateliers, des formations et des initiatives pratiques, les connaissances des élèves se sont considérablement accrues et leur engagement dans des actions concrètes s’est également renforcé.
Les écoles participantes ont non seulement réduit leur empreinte écologique (à travers des initiatives telles que la gestion des déchets ou l’utilisation de l’énergie solaire), mais ont également contribué à créer un environnement d’apprentissage plus durable, ce qui a renforcé la collaboration entre enseignants, élèves et parents.
Le programme pour la justice climatique et la durabilité environnementale a eu un impact indirect sur 51 370 personnes dans diverses localités telles que Kénia, Koussy, Tamba Commune 1, Elinkine, Niaguiss, Diendé, Djinnany, etc.
L’implication des jeunes dans les projets environnementaux a renforcé la conscience autour de la justice climatique, en mettant en évidence que les zones les plus vulnérables au changement climatique sont souvent les moins responsables de cette crise. Cela a permis de développer une compréhension plus approfondie des inégalités climatiques, notamment en ce qui concerne les pays en développement et les communautés marginalisées.
Solutions et Recommandations
1- Renforcer l’intégration de la justice climatique dans les programmes scolaires : En intégrant les enjeux liés à la justice climatique dans les curricula éducatifs, les élèves peuvent mieux comprendre les impacts du changement climatique sur les communautés vulnérables et les actions qu’ils doivent entreprendre.
2- Soutenir la formation continue des enseignants : Il est essentiel de fournir des ressources pédagogiques permanentes aux enseignants afin de renforcer leur rôle en tant que leaders de l’éducation à l’environnement.
3- Étendre la portée du projet à davantage d’écoles : Le projet peut être élargi à d’autres établissements scolaires, en mettant particulièrement l’accent sur les zones vulnérables, afin de maximiser son impact et de préparer les générations futures à relever les défis environnementaux.
4- Renforcer les partenariats locaux : La collaboration avec des organisations communautaires et des entreprises locales peut permettre d’élargir les ressources disponibles pour les initiatives scolaires, par exemple par des dons de panneaux solaires ou la mise en place de systèmes de compostage.
5- Mettre en place des outils de mesure d’impact tels que le CMI (Changemaker Index Survey – Indice des Acteurs du Changement d’Ashoka) : L’utilisation de données et de technologies pour suivre l’évolution des comportements environnementaux des élèves et les impacts tangibles du projet (ex. : réduction des déchets, économies d’énergie) permettra d’affiner les stratégies et de démontrer l’efficacité du programme.
Conclusion
Le projet sur la justice climatique et la durabilité environnementale mis en œuvre dans les écoles a donné des résultats positifs en matière de sensibilisation des élèves, de promotion de comportements durables et de compréhension des enjeux liés au changement climatique. Bien qu’il reste nécessaire de renforcer certaines initiatives, ce projet démontre que l’éducation constitue un puissant levier pour façonner une génération responsable et engagée dans la lutte contre la crise climatique.
L’analyse de la participation des écoles, de la sensibilisation des élèves, des projets environnementaux mis en place et de l’engagement communautaire offre une vision claire des réussites obtenues ainsi que des pistes d’amélioration possibles. L’utilisation d’outils tels que les questionnaires de suivi (comme le Changemaker Index d’Ashoka) et les statistiques sur la durabilité contribue également à mesurer l’impact à long terme et à ancrer durablement les actions dans les comportements des élèves et des enseignants.
Le modèle de ce projet peut ainsi servir de base à des initiatives similaires ailleurs, en intégrant la justice climatique au cœur même de l’éducation scolaire.